Milena Salvini et Roger Filipuzzi : une vie de passionMilena Salvini andRoger Filipuzzi : a life built on passion

Madame Milena Salvini a accepté de présider notre 3ème bal en costume qui s’est tenu le 3 juin 2012 . Nous avons été très honorés de sa présence.

Nous vous invitons à prendre connaissance des différentes étapes de la vie de Milena Salvini retracées ci-dessous par Cécile Laye :

Milena Salvini has accepted presiding over Chestnut’s 3rd Costume Ball   on June 3, 2012, an honour we thank her for.

So that all participants may be aware of who our special guest is, Cécile Laye has sketched below the main stages of Milena Salvini’s life :

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Milena Salvini andRoger Filipuzzi : a life built on passion

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Mandapa Milena Salvini

Hommage à Miléna Salvini et Roger Filipuzzi

Milena Salvini et Roger Filipuzzi : une vie de passion

Une petite fille de quatre ans quitte Milan pour Paris. Son père vient de mourir et sa maman quitte l’Italie pour son pays d’origine. C’est une pianiste qui exerce son métier dans des piano-bars et comme accompagnatrice de chanteurs et dans les bals. 

La petite Milena Salvini baigne dans la musique et tout naturellement, elle commence le piano et la danse classique.

C’est d’abord la musique que Milena choisit en marchant sur les traces  de sa mère. Elle rentre au conservatoire national de musique à l’âge de 15 ans. Elle y fait ses études jusqu’en 1955 en classe d’harmonie, contrepoint et fugue et elle finit son cycle de formation avec deux premiers prix : contrepoint et harmonie. Sur la photo de classe (image 4 de la gallerie), c’est la très jolie jeune femme accoudée à la pointe du piano à droite.

Mais le cours de sa vie change quand elle assiste à un spectacle de Kathakali. C’est la passion d’une vie qui émerge à ce moment précis, pour tout ce qui regarde l’Inde : sa danse dévotionnelle, sa danse théâtre et sa musique. Elle reprend sérieusement la danse, notamment la danse contemporaine (elle dansera dans la compagnie de Sara Pardo) et étudie le mime pendant quatre ans chez le mime Decroux.

En 1962, elle décroche une bourse pour aller étudier le Kathakali en Inde. Elle y reste deux ans. Sur la photo qui témoigne de cette époque (image 5 dans la gallerie), on la reconnaît bien !

Milena s’intéresse à tous les styles de danse indienne :

Le BHARATA  NATYAM : danse dévotionnelle du sud de l’Inde dansée par des solistes.

Le KATHAK : danse de cour du nord de l’Inde qui amalgame  les cultures de l’Inde et du monde musulman.

Le style ODISSI : danse dévotionnelle de l’est.

Mais ce qu’elle aime par-dessus tout est :

le KATHAKALI : danse – théâtre qui met en scène les grandes épopées. Contrairement aux styles précédents, le kathakali sous-entend une troupe d’acteurs qui se met aux services d’un grand texte fondateur.

Il faut entendre  Milena parler du maître indien qui parle et corrige peu, en respectant le tempérament de chaque élève, de manière à ce que celui-ci interprète les gestes traditionnels  avec sa nature propre qu’il met au service de vérités qui le dépassent ; la danse indienne traditionnelle n’est pas un art de divertissement. Sa dimension métaphysique est pleinement affirmée et assumée.

De retour en France, Milena  contacte Jean-Louis Barrault pour organiser une tournée avec une troupe de Kathakali. Elle est missionnée par l’Unesco pour choisir les artistes et le répertoire. Elle y reste six mois. C’est le début d’une collaboration fructueuse avec cet organisme qui a cru en son talent et soutenu son travail dès le début.

Sa vie prend un nouveau virage quand elle rencontre Roger Filipuzzi. Roger construit des maisons, mais il s’intéresse surtout au yoga et à la philosophie indienne. Ils se marient en 1974 et créent le théâtre Mandapa l’année suivante alors que Milena est enceinte d’Isabelle Anna.

Pendant que Milena danse au festival off d’Avignon, invitée par Françoise et Dominique Dupuy, Roger part à la recherche d’un lieu dans Paris qui permettrait à Milena de donner des cours de Bharata Natyam et de Kathakali comme elle le fait depuis 1973.

Roger trouve, au cœur de la Butte aux Cailles dans le 13ème arrondissement de Paris, un ancien laboratoire composé de deux bâtiments séparés par une petite cour dont il détecte immédiatement le potentiel. Ainsi naît le centre Mandapa (*). Grâce à son énergie, la salle de cours du projet initial, se transforme en théâtre et en centre de création pour les arts reliés à une tradition. Milena reconnaît volontiers combien ce lieu est redevable à la vision de Roger.

Pendant plus de 20 ans, Mandapa a programmé « solo sans frontière »,  des cycles consacrés à la danse contemporaine.

C’est aussi un lieu réputé pour sa programmation pointue en direction du conte. «  Contes d’hiver » en est à sa 25ème édition.

Milena et Roger ont été des acteurs déterminants et déterminés dans le sauvetage du KUTIYATTAM : plus vieux théâtre dansé du monde. Préservé par quelques familles d’artistes et représenté de manière confidentielle, cette forme d’expression était en voie de disparition. Milena et Roger leur consacrent un film qui obtiendra le prix CID-UNESCO du concours international vidéo-danse de 1994.

Le KUTIYATTAM est inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité depuis 2001 et Milena est fière d’avoir contribué à la préservation de ce savoir ancestral.

Aujourd’hui Roger nous a quittés. Le lieu est imprégné de son inventivité. Milena œuvre toujours pour que Mandapa demeure un lieu vivant et non pas un musée ; un lieu où l’on puisse se ressourcer en pratiquant des activités traditionnelles ; un lieu ouvert sur la création.

En 1985, Milena et Roger adoptent une petite fille chez Mère Teresa : Maria Kiran (rayon de lumière). Comme sa maman d’adoption avant elle, elle arrive en France à l’âge de 4 ans.

Isabelle Anna et Maria Kiran ont grandi, elles poursuivent toutes deux des carrières internationales, la première dans le style Kathak et la deuxième en Bharata Natyam.

Le théâtre Mandapa a 35 années d’existence. La Mairie de Paris et le Ministère des affaires culturelles soutiennent ses projets. Souhaitons qu’ils le fassent longtemps encore car l’œuvre de Milena et Roger touche le cœur et force le respect.

Si vous ne connaissez pas encore ce lieu, dirigez vos pas vers le numéro 6 de la rue Wurtz dans le 13ème arrondissement ; poussez la porte et la magie opèrera d’elle-même.

(*) mandapa : mot sanskrit destiné à nommer un édifice relié à un temple ; le mandapa peut avoir des objets variés. Le nom complet pour celui dédié à la musique et au culte est natya mandapa.

A  4-year old girl from Milan (Italy) comes to Paris. Her father has just died, her French-born mother leaves Italy,  working as a pianist in piano-bars and  as an accompanist to singers  at dances.

In such musical surroundings, Milena starts playing the piano and takes up ballet dancing.

Following in her mother’s steps, her first choice is music: she starts at the national music school as a 15-year-old, studies harmony, counterpoint and fugue up to 1955 when she finishes with two first prizes in counterpoint and harmony. On picture 4, she is the lovely young woman on the right, leaning at the end of the piano.

However it all changes when she sees a Kathakali dance and is struck with a lifelong passion for all things Indian: Indian devotional dances, theatre dances and music. She takes up dancing again, with a will, in particular modern dancing (she will be a member of Sara Pardo’s ballet team), and spends 4 years studying mime techniques with Decroux.

In 1962 she is granted a scholarship to study Kathakali in India, where she spends 2 years. She is easy to recognize on the picture taken at that time (n°5).

Milena is interested in all styles of Indian dance:

BHARATA NATYAM: solo devotional dances of the South of India.

KATHAK: a North of India court dance style mixing Indian and Moslem cultures.

ODISSI style: devotional dances from the East of India.

However her main interest is in:

KATHAKALI : a traditional dance drama staging Indian epics. Unlike the above, Kathakali implies a troupe acting out a text.

Milena talks about the Indian dance master who speaks little, seldom corrects his pupils, respects each one’s personality so that he or she may interpret the traditional gestures in his or her own way, serving a higher truth; Indian traditional dancing is not for entertainment. It has a fully asserted metaphysical dimension.

Back in France, Milena got in touch with Jean-Louis Barrault to set up a tour with a Kathakali troupe. Unesco commissioned her to choose dancers, musicians and repertory, which she did for six months, starting a fruitful collaboration with an organisation who believed in her talent and supported her work from the start.

Her life takes a new bend when she meets Roger Filipuzzi, who builds houses but whose main interest is yoga and Indian philosophy. They get married in 1974 and create the Mandapa Theatre the next year, shortly before the birth of their daughter Isabelle Anna.

While Milena dances at the off part of the Avignon festival, invited by Françoise and Dominique Dupuy, Roger hunts for premises in Paris where Milena could teach Bharata Natyam and Kathakali– she started teaching both in 1973.

In the old Butte aux Cailles neighbourhood, Paris 13, Roger finds a former laboratory made up of two buildings and a small middle yard and sees the potential of the place. The Mandapa Centre (*) is thus started. He pours his energy into the project and the initial teaching room eventually becomes a theatre and a creation centre for traditional arts. Milena fully recognizes how much the place owes to Roger’s vision.

In that place, under the name « solo sans frontière », Mandapa was to program cycles devoted to modern dancing over a period of 20 years and more.

It is also well known for staging tales – they have just had the 25th edition of «Contes d’hiver » (winter tales)

Milena and Roger played a decisive part in saving KUTIYATTAM, the oldest danced theatre form in the world; it was on the brink of disappearing, only kept alive by a handful of families of dancers and artists and performed to dwindling audiences, when Milena and Roger shot a film about it that won the CID-UNESCO prize at the 1994 international competition of video-dance.

KUTIYATTAM got on the Unesco list of intangible cultural heritage in 2001. Milena is proud of having played a part in saving it.

Roger is no longer with us but Mandapa is steeped in his inventivity. Milena takes care that Mandapa does not become a museum but remains a live place, open to people needing to renew themselves through traditional activities, a creative place.

In 1985 Milena and Roger adopted a girl from Mother Teresa’s orphanage: Maria Kiran (meaning “ray of light”). Same as her adoptive mother, she arrived in France at the age of four.

Isabelle Anna and Maria Kiran are now on international careers, the elder in the Kathak style, the younger in Bharata Natyam.

The Mandapa theatre has been in existence for 35 years. The City of Paris and the Minister for Culture both back up its projects. May they go on doing so, for Milena and Roger’s achievement touches the heart and inspires respect.

If you do not know the place yet, go to rue Wurz, n°6, in Paris 13. Push the door open and let the magic work.

 (*) mandapa : a sanskrit word meaning a building attached to a temple; a mandapa can have different uses. The full name for a mandapa dedicated to music and worship is: natya mandapa.

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