La famille Playford : des artisans du livreThe Playfords : book craftsmen

La famille de John Playford prend racine dans la région de Norwich à l’Est de l’Angleterre. Les Playford travaillent dans la vente et l’édition du livre, en particulier les livres scientifiques et musicaux. C’est une famille considérée qui porte blason et qui a des liens avec l’Écosse.

À la mort de son père, en 1639, le John Playford qui nous occupe a 17 ans. Il part tenter sa chance à Londres et il devient l’apprenti d’un certain Benson, pendant sept ans. En 1647, il ouvre une boutique près de Temple Church, qui va vite devenir le haut lieu de l’édition musicale de la capitale.

John Playford’s family stemmed from the Norwich area, the eastern part of England. The Playfords sold and published books, in particular in the field of science and music. It was a family of good fame, with a coat of arms and links with Scotland.

When his father died in 1639, the John Playford that interests us was 17 years old. He went up to London to try his luck and served a 7-year apprenticeship with a Mr Benson. In 1647 he opened a shop near Temple Church; the shop soon became London’s hub for music publishing.

Peu de temps après avoir publié la première édition du «Dancing Master» (enregistrée et soumise à la draconienne censure de Cromwell le 7 novembre 1650 et publiée en mars 1651), Playford se marie avec la fille d’éditeurs d’ouvrages de théologie et de politique. Ayant hérité de son père, madame Playford fera l’acquisition d’une grande maison qu’elle transformera en école, jusqu’à sa mort en 1679.

Playford confie l’impression de la 6ème et de la 7ème édition du « Dancing Master » à son neveu. Ce sont les dernières à être éditées sous son nom. En 1684, John Playford passe la main à son fils Henry. Il meurt 2 ans plus tard, respecté de tous. Purcell compose une élégie pour celui qui aura été son ami et son éditeur.

Henry Playford conduira les éditions du « Dancing Master » à partir de la 8ème en 1690, et jusqu’à sa mort en 1706. Il va beaucoup renouveler le matériel chorégraphique des éditions dont il aura la charge, en renonçant à beaucoup de danses publiées par son père afin d’en privilégier de nouvelles plus conformes aux goûts du jour et aux exigences d’une société qui a déjà beaucoup changé. C’est John Young, un luthier, qui publiera les dernières éditions, lesquelles font figure de mémoire de la contredanse.

Au fil du temps, les éditions vont pas mal se transformer, et notamment la musique deviendra plus lisible : dans la 1ère édition, beaucoup de mélodies ne présentent pas de barres de mesure. Elles sont proposées pour la viole. Mais dès la 3ème édition, les mélodies sont mesurées et transposées pour le violon. Dans la 11ème édition, en 1701, la musique est écrite à l’aide de « nouveaux caractères » : les croches sont reliées et les notes sont rondes et non plus losangiques.

Pour illustrer ces transformations, nous reproduisons ci-dessous différentes versions de la danse « Cuckolds all arrow ». Cette « vieille danse Anglaise » réclamée par le roi Charles II au bal de Whitehall du 31 décembre 1662 devant Samuel Pepys qui relatera la soirée dans son journal, sera publiée dans toutes les éditions successives, alors que « Rufty Tufty », autre carré pour deux couples, sera abandonné dès la 2ème édition !

Samuel Pepys, qui jouait du flageolet, de la viole de gambe, du luth, du théorbe, du clavecin et qui, pardessus tout, adorait chanter, connaissait bien John Playford, comme tous les mélomanes londoniens de cette époque. Le célèbre diariste le mentionne plusieurs fois dans son journal : c’est chez lui qu’il achetait les dernières partitions de Henry Lawes, Christopher Simpson, Matthew Locke et Henry Purcell.

Livres imprimés et vendus par Henry Playford.

********

Sur les trois reproductions suivantes,
on peut voir l’évolution de la table des symboles utilisés par Playford

  L’évolution de la partition musicale de

« Cuckolds all a row », de la 1ère à la 17ème édition :

Shortly after publishing the first edition of his « Dancing Master » (registered and submitted to Cromwell’s harsh censure on November 7, 1650, published in 1651), John Playford  married the daughter of publishers of theological and political books. Mrs Playford, with money inherited from her father, bought a large house that she later converted into a school and worked in up to her death in 1679.

Playford delegated the printing of the 6th and 7th edition of the « Dancing Master » to his nephew – they are the last to have been published under his own name. In 1684 John Playford handed over the business to his son Henry. He died two years later, held in high regard by all. Purcell wrote an elegy for his departed friend and publisher.

Henry Playford carried through the editions of the “Dancing Master” from 1690 (8th edition) until his death in 1706. He brought about a renewal of the dances, leaving out many of those published by his father to introduce new ones better suited to the fashion of the day and the mores of an already deeply changed society. The last editions were the work of lute-maker John Young and appear as a memory of country dancing.

Many changes occurred in later editions, in particular the musical notation became more accurate (many melodies in the 1st edition are noted without bars); they are given for the viola but as early as the 3rd edition the tunes include measures and are written for the violin. In the 11th edition in 1701 the music is printed using “new fonts”, with linked quavers and round, instead of diamond-shaped, notes.

In order to illustrate this point we show below various versions of the dance «Cuckolds all arrow ». This  “olde English dance” King Charles II asked for at the Whitehall Ball on December 31, 1662 in front of Samuel Pepys who mentioned it in his diary, is to be found in all successive editions, while another square for two couples, “Rufty Tufty”, vanishes as early as the 2nd edition!

Samuel Pepys, who could play the flageolet, viola, lute, theorbo and harpsichord and, above all, loved singing, knew John Playford, just as all London music lovers then did. He mentions him several times in his famous diaries. He used to purchase the latest music scores by Henry Lawes, Christopher Simpson, Matthew Locke and Henry Purcell at his shop.

Books printed and sold by Henry Playford.

********

The three following facsimiles

show how the symbol tables used by Playford changed over time

Evolution of the music score of

« Cuckolds all a row », from edition 1 to 17

You must be logged in to post a comment.

Social Media Integration by Acurax Wordpress Developers
Visit Us On TwitterVisit Us On FacebookVisit Us On Youtube